Il neigea… La neige fut brillante, elle tomba en flocons blancs légers… Dehors les enfants se réjouirent jouant aux boules de neige. Petit Noah se serra contre la fenêtre et les surveilla avec enthousiasme. La vitre fut froide, et son nez eut froid.

— J’en ai assez, Marie !..

— Tu me cherches, Victor ?! Tu me cherches-là ?..

Ce furent ses parents, ils querellèrent sans cesse. Petit Noah ne fut pas à son aise, à cause de froid mais plutôt à cause de désespoir. De plus il eut faim et il entra timidement en cuisine.

— Tu vis dans tes rêves ! Je peux pas les préparer ! Je peux pas les habiller ! – cria maman.

— Tu n’es pas la femme que j’ai épousé ! – suivit papa.

Noah ferma ses oreilles avec ses mains et il cacha sa tête dans ses épaules pour ne pas entendre les cris mais ceux furent trop forts. Sortant papa fit claquer fortement la porte. Maman et son gosse se tournèrent avec frayeur et fixèrent les yeux sur la porte.

— Peut être tu as faim… – en sanglotant maman demanda sans regarder son fils.

— J’ai pas faim, maman, — Noah mentit. Il s’appuya contre sa mère.

La femme se mit à faire la vaisselle. Le petit vit maman pleurer. L’eau se frappa aux assiettes mais il sembla que ce furent des larmes destinées à éveiller l’attention de papa. Noah plaignit ses parents, il les aima de tout son cœur.

— Moi… Je ne veux qu’on ait Noël : la fête, la table, les cadeaux… – maman continua à sangloter.

Le garçon se dirigea chez papa. Celui fut assis comme toujours se penchant sur les dessins techniques. Il s’énerva et puis sans attendre il empoigna son crayon et le cassa en deux.

— Papa… – Noah prononça avec frayeur. L’homme l’aperçut et lui tendit sa main.

— Tu comprends, petit…

— Je suis pas petit. J’ai déjà 9 ans, — Noah répondit avec fierté.

— Ah oui, oui… Mais je m’efforce… Je veux aussi la fête… Je cherche à l’organiser mais…

Papa fut architecte à grande entreprise qui sauta, et depuis longtemps il eut beau trouver un travail digne. Le salaire de maman fut si misérable qu’il à peine suffit à régler des comptes. Le garçon comprit tout ça et en souffrit.

— Papa, tu parlais d’un concours… «Place de ton rêve»… – il prononça le titre de concours pour encourager son père mais celui poussa un soupir. Noah se souvint les paroles du père enthousiasmé de son projet :

— Ce sera l’édifice du centre commercial et culturel. Là-bas on va placer des boutiques, ici – une patinoire, un terrain de jeux pour enfants, un ascenseur, un parking… Il raconta et Noah fut fier de son père. Les dessins techniques lui furent incompréhensibles sauf le dessin avec la petite tour Eiffel en haut.

— … qui va luire les nuits et décorer la place près du centre, — expliqua papa et ses yeux rayonnèrent. Mais pour l’instant…

— Oublie, cela n’est que des rêves. Les rêves bêtes comme ceux d’adolescent. – Il cita sa femme. Noah éprouva la pitié par rapport à papa.

L’homme mit en tas les papiers et les tendit à son fils en évitant de rencontrer ses yeux.

— Jette ça à la poubelle ! – Il commanda.

— Peut-être…

— Emporte ça ! – Il froissa décidément les papiers mais ils froufroutèrent comme s’ils sanglotèrent. Il sembla qu’ils protestèrent contre le destin. Papa se détourna, et le petit porta le papier en cuisine.

— Non ! – Noah s’arrêta à mi-chemin avec les yeux gros de larmes. – J’ai à l’aider ! – Il se décida.

Cette nuit Noah ne ferma pas l’œil. Il inventa le moyen pour aider son papa.

Le matin il défroissa tous les papiers, les rangea et les porta à la commission de concours…

Se tenant droit devant une femme sévère à lunettes il lui tendit un carton à dessins.

— Mon papa est malade. Il ne peut pas venir lui-même. – En pensée Noah croisa les doigts.

Une femme examina ce petit garçon solitaire, et il parut que le temps se fut arrêté pour lui.

— D’accord, — madame prit un carton sans entrain.

— Comment on peut apprendre les résultats ? – il demanda d’un air malin.

— On va envoyer par e-mail. Si Vous vous trouvez en trois de leaders on va téléphoner personnellement.

Elle prononça les derniers mots sur un ton moqueur. Noah sentit lui couper le souffle mais il se maîtrisa. Chagriné il se traîna chez lui après s’être souvenu de l’ambiance là-bas.

Le temps coula, les parents se querellèrent de plus en plus. Cent fois par jour Noah vérifia le courrier électronique, il tressaillit de chaque coup de téléphone. Et chaque fois l’espoir s’éteignit. Cependant Noël approcha.

— Marie ! Marie ! Noah ! Réveillez-vous ! – Papa cria en extase. Maman eut l’air mécontent et perplexe en même temps, Noah se frotta les yeux.

— As-tu trouvé le travail ? – elle demanda avec sarcasme.

— J’ai gagné, Marie !

Il serra dans ses bras sa femme ahurie.

— Mon rêve est réalisé ! On va construire mon rêve ! On aura la fête, Noël, comme tu voulais, ma chérie !

Noah tout saisit du premier coup. Il vit ses parents embrassés se réjouir comme les enfants. De nouveau il crut en miracle de Noël, et il fut heureux que ce fut lui qui eut aidé miracle à venir chez eux.

Papa déboucha un champagne.

— Je propose un toast pour Noël, – maman dit.

— Pour Noah, — papa précisa en riant, — c’est lui qui est notre Noël ! Notre fête et notre joie ! Toute la famille fut heureuse. Dehors il neigea… La neige fut brillante, elle tomba en flocons blancs légers…